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Swamiji : « J’ai pris l’avion, je suis arrivé à Bengalore pour trouver un taxi vers Puttaparthi. Mais le chauffeur m’a dit que Swami était à Whitefield, que je devais aller à Whitefield. Donc, je suis allé à Whitefield… mais je n’ai pas pris de taxi pour économiser l’argent, j’ai pris un scooter. Deux filles sont venues avec moi.

Je n’avais pas l’idée de revenir à Maurice car je savais qu’en 45 jours, il était impossible de trouver un emplacement pour faire les Bhajans.

Nous avons vraiment un esprit de singe, qui part dans tous les sens ! Avant de rentrer dans l’ashram, je regardais toutes les photos de Swami, alors que j’avais des problèmes par-dessus la tête. Je venais pour demander de l’aide à Swami, mais je demandais au chauffeur de s’arrêter et je me renseignais sur le prix des grandes photos de Baba, elles coûtaient 1.500 roupies pièce. J’aurais voulu en prendre plusieurs pour le Bhajan Hall mais c’était trop cher. Comme je n’avais pas assez d’argent, je me contentais de les réserver…  Je regarde toutes les photos de Swami et je commence à marchander. « C’est combien ? Deux pour moi. Gardez, réservez. L’autre, c’est combien ? trois, pour moi. Réservez. Et ça, c’est combien ? quatre. » - chez tous les marchands, j’ai réservé des photos, sans savoir : qu’est-ce qui va se passer avec moi ? – Nous avons rejoint nos chambres vers 14h30.

Après, dans l’ashram, une personne m’appelle et me fait asseoir. Elle prend mon passeport. Je me demande : « Mais pourquoi il lui faut mon passeport ? »  Et la personne dit : « Et voilà votre chambre, Partez ! » - J’ai eu la chambre B14. Cette chambre était occupée par trois autres personnes comme moi : un Australien, un Malaisien et un Fidjien. Les filles étaient dans une autre chambre. J’ai écrit une lettre… et puis j’ai assisté immédiatement au darshan de Baba et me suis assis dans la ligne qui rentrait la première. Il paraît que pendant la journée, Baba ne donne pas de darshan à Whitefield. Il ne marche pas devant les gens et ne vient que pour les bhajans. Mais exceptionnellement, Baba est venu. Cela signifiait pour moi, dans mon cœur, que Swami acceptait mon retour. Je me suis dit que j’aurais dû apporter les lettres des gens avec moi, car je ne savais pas si Baba me donnerait une autre occasion… »

L E    B H A J A N    H A L L

1996

Swami Ajay part alors en Inde pour la seconde fois, du 19 septembre au 25 octobre, avec à nouveau un visa de trois mois. Cette fois-ci, il se retrouve dans le second Ashram de Sathya Sai Baba : « Brindavan », à Whitefield.

C’est à ce moment précis qu’il rencontre Daniel Chaput, qui écrira ses propres expériences dans un livre intitulé : « Pour l’Amour de Dieu ». Il y témoigne également de nombreuses expériences avec le jeune Swami, sur 2 semaines au total – du 7 au 25 Octobre 1994, témoignage très précieux pour comprendre en quoi ce voyage fut déterminant pour la mission qui l’attendait. Swami Ajay part la tête pleine de confusion. D’un côté, il affiche une véritable ferveur et de l’autre, il a peur de ne pas trouver ses réponses.

Il explique plus tard à la presse locale :

« Mo ti pe dir mwa si narnien pas sorti depi sa voyaz la, mo ti a prefer mort plito ki revinn la. Apre mo finn truv Sai Baba. Mo finn rakont li mo proze konstriksyon enn temple. Mo finn gaign enn donation Rs 800 000 ek mo finn rant Maurice »

« Je me suis dit que si rien de bon ne sortait de ce voyage, je préfèrais la mort plutôt que de revenir ici. Après, j’ai trouvé Sai Baba. Je lui ai raconté mon projet de construction d’un Temple. J’ai reçu un don de 800 000 Rs et je suis rentré à Maurice… »

UN DARSHAN INOUBLIABLE

Deux fois par jour, les fidèles se regroupent pour assister au Darshan de Sathya Sai Baba, qui avait l’habitude de circuler parmi la foule et de prendre quelques lettres au passage. Les fidèles attendent en rang et un jeton numéroté est attribué à chaque ligne, par tirage au sort. La ligne ayant tiré le jeton n° 1,2,3 peut s’installer en premier dans le hall réservé au Darshan. En principe, chaque fidèle espérait être dans cette première ligne, pour pouvoir se rapprocher de Baba. Mais comme tout le reste, c’est le jeu divin du seigneur qui décide de la place attribuée à chacun !

Ce jour-là, Swami Ajay arrive peu de temps avant le début du Darshan de l’après-midi. Il décide alors d’écrire une lettre avec son intention de construire un Bhajan Hall qui sera dédié à l’humanité… et il y exprime ses projets pour Maurice, à cœur ouvert.

Swamiji : « J’avais décidé de faire Bhajan Hall avec une bibliothèque, faire les Bal Vikas et plusieurs choses dedans. Mais pour tout cela il faut acheter un terrain, je sais que je ne suis pas quelqu’un de qualifié à cette époque, pour faire tout ça… mais j’ai tout écrit dans une lettre. J’ai écrit la lettre, il était 14 :15 et le Darshan était à 15 :00. »

« Swami, je suis dans la chambre B14. Je sais que ce n’est pas vraiment possible pour vous de me donner un entretien, parce que je ne suis pas assez qualifié. Je ne sais pas ce qui m’arrive, mais c’est vous qui m’avez fait devenir ce que je suis. J’avais juste demandé la présence de Shirdi Sai Baba. Je voulais juste voir la manifestation de Shirdi dans ma maison… Comme je ne connais pas Dieu, je voulais être sûr que Dieu était à la maison, pour pouvoir tout lui donner. Mais, après ce qui m’est arrivé, je ne sais plus ce que je dois faire. Les gens ne me croient pas. Si vous voyez que c’est faux, vous avez le droit de me punir. Ma vision est d’avoir un terrain pour construire un Bhajan Hall avec plusieurs chambres et une bibliothèque, mais cela demande beaucoup d’argent. Je suis sans qualification et je ne connais pas grand-chose, d’autres personnes sont certainement plus compétentes que moi. Je suis venu tout déposer à vos pieds.

Je sais qu’il ne vous est pas possible de parler avec moi, même pendant le Darshan, parce qu’il faut être un dévot qualifié. Mais Swami, pourriez-vous venir me voir dans ma chambre le soir ? Je vais vous attendre le soir... je peux vous attendre. Si vous pouvez, venez après minuit. Parce que même jusqu’à minuit, il y a des gens qui se promènent dans l’ashram. Comme ça, tous mes amis vont dormir. Si vous pouvez, venez à 1h du matin. Je vais vous attendre. Vous ne pourrez peut-être pas venir, parce que si des gens vous voient me parler, ça peut être gênant pour votre travail. Mais vous savez ce qu’il y a dans mon cœur. Vous êtes le seul à savoir, les autres ne savent pas. Si vous le pouvez, venez dans ma chambre et dites-moi ce que je dois faire. Swami, je n’ai pas les capacités pour vous comprendre vraiment, alors vous voyez ce qui est bien pour moi. Je laisse tout à vos pieds, car je ne sais plus quoi faire. Je serai là pendant quinze jours, Swami, et ensuite je partirai parce que je respecte l’énergie de cette place. Les trois mois sont terminés, mais quand même je vous aime beaucoup, je n’arrive pas à rester sans vous, Pourquoi ? Je n’arrive pas à travailler, je n’arrive pas à mettre mon vêtement, mais je suis dans cette chambre Swami, si vous avez du temps venez me voir. Je sais que vous n’allez pas venir me voir en public. Mais j’ai cette chance, si j’ai fait des erreurs, excusez-moi. Venez me voir. »                                                                

Ajay

« J’ai signé la lettre, je l’ai mise dans une enveloppe et je suis parti au Darshan… À cause de notre mental de singe, on a tendance à vouloir aller dans une ligne plutôt que dans une autre. Pour éviter ça, j’ai fermé les yeux et je me suis assis dans la ligne située devant moi, au moment où je les ai ouverts. Et puis, cette ligne s’est levée la première. On est parti en première ligne, il y a plusieurs personnes qui s’assoient…

et je demande au monsieur derrière moi :

- « Vous êtes un dévot de Baba ? »

- « Oui »

- « Depuis combien d’années ? »

- « Beaucoup d’années. »

- « Si jamais on écrit une lettre et si Swami accepte cette lettre, qu’est-ce que ça veut dire ? »

- « Tout ce qui est écrit dedans, ça veut dire que Swami va l’accomplir. »

- « Tout ce qu’on écrit ? Tout ce qu’on demande ?

- « Oui. »

- « Tout de suite ? »

- « Non, ça prend un peu de temps, c’est sa Volonté. »

Pour être sûr, je demande à l’autre monsieur à côté de moi.

- Je dis : « si Swami prend les lettres, qu’est-ce qui se passe ? »

- « Ça veut dire que votre demande est accordée. »

- « Même si c’est compliqué ? »

-  « Oui, il est Dieu, lui. Il est un Avatar ! »

- « Et s’il ne prend pas ? »

- « Il faut continuer à donner, il faut attendre. »

- « Compris. »

J’attends. La musique commence, Swami descends. Je le vois au loin, et ça me fait peur… mon cœur bat très, très fort. Je ne sais pas quoi faire. Je transpire ! Swami arrive. Au bout d’un certain moment, je dis d’un air paniqué : « c’est mieux que je parte. Je ne veux rien, finalement ! »

Il y a plein de gens derrière moi, je regarde, tout est déjà rempli. Je dis : « qu’est-ce que je vais faire ? » et je ne sais pas quoi faire.

Et je commence à avoir des crampes de partout.  Et je crie : « Sai Ram ! Sai Ram ! Sai Ram ! » et les deux personnes me caressent le dos, pour me rassurer…  « relax ! »

Swami s’approche de nous et je n’arrive pas à regarder Swami en face. Je me cache ... et Swami s’approche, près de moi. Je n’arrive pas à voir clairement Swami : ni sa forme, ni ses pieds. Et Swami s’approche encore. Ses pieds sont tout près... Je me cache, je me fais tout petit avec la peur. Je regarde le sol… je remarque que les pieds de Swami sont devant moi, comme arrêtés, comme au ralenti. J’ai senti une force me pousser à l’arrière, et j’ai eu peur de tomber sur Swami – je me suis prosterné et j’ai fait Padnamaskar, cœur que j’ai pu toucher ses pieds. On appelle aussi ça « Sparshan ». C’était comme si le temps s’était arrêté. Et puis, il y avait la lettre… j’étais persuadé que Swami ne la prendrait pas. Je pensais que Dieu ne pouvait pas me donner cette Grâce, parce que je demandais la construction d’un Bhajan Hall et l’argent pour pouvoir le faire alors que je ne connaissais rien et que je n’avais pas de terrain. J’ai quand même tendu la lettre vers Swami, avec deux doigts, doucement et avec beaucoup d’hésitation. Swami regarde la lettre, il fait deux ou trois pas comme s’il s’éloignait… Le monsieur dit : « Your letter ! Your letter !! » et moi, je fais non de la tête. Tout doucement je lève la tête, je me dis en paniquant : « ok, c’est important qu’il parte, la lettre ce n’est pas important. »

Et l’inattendu se passe : Swami se retourne, il fait un demi-tour... vers moi. Il me regarde très sérieusement et je ne sais pas quoi faire. Mon cœur bat tellement fort que j’ai du mal à respirer. Swami approche. Je dis : « c’est mieux de mourir. Ah ! oh, Swami, tuez-moi !! Je ne sais pas ! » 

Swami tend sa main en avant et il sort ses deux doigts, juste pour faire pareil que la façon dont je tenais la lettre. Ma main a commencé à trembler.

Il a pris cette lettre et il est parti. À ce moment-là, l’émotion était très forte. En regardant Swami s’éloigner, je transpirais, j’avais très chaud. J’ai déjà travaillé dans les champs de canne, pourtant je n’ai jamais transpiré comme ça. C’était vraiment étrange, vraiment fort. J’étais soulagé…

- Et le monsieur chuchote :   « ça va aller, ça va bien se passer, Sai Ram, Sai Ram, Sai Ram…»

- « Swami a pris ma lettre. »

​- « Tout va s’arranger, Swami sait. Ne t’inquiète pas… »

Maintenant, je commence à réfléchir : ce que j’ai demandé, c’est trop grand. Quelqu’un qui ne sait pas faire l’Arati de Swami, il a demandé un Bhajan Hall. Quelqu’un qui a plein de méchancetés dans la tête, et qui ne connaît rien, il a demandé un Bhajan Hall… Qu’est-ce que je vais faire ?! Si on demande quelque chose à Swami, il faut demander la Vibhuti… moi j’ai demandé un Bhajan Hall. Quel idiot.  Je dis : « Bon, c’est possible que, pas cette incarnation mais dans la prochaine incarnation, je vais être prêt. De n’importe quelle façon je ne suis pas prêt là ! Mais je suis content que Swami ait pris la lettre. Au moins, il sait que je suis là. Ça c’est le plus important, qu’il sache que je suis là. »

 

Et après, j’ai demandé à quelqu’un :

- « Excusez-moi, monsieur. Swami a pris ma lettre, est-ce qu’il sait que je suis là ? »

« bien-sûr ! Parce qu’il sait tout, lui… »

Je me dis : « ok, c’est bon. C’est ça qui est important, qu’il sache que je suis là. Ça me suffit. Le reste c’est pour la prochaine incarnation… comme ça je n’utilise pas le poison. J’ai un peu plus de temps pour rester à l’ashram. »

LE SOUTIEN DE BABA

« Je ne savais pas si je serais capable de faire ce que j’avais demandé. Si je vous disais tout ce qui s’est passé les jours suivants, vous ne pourriez pas me croire… Alors, j’ai essayé de l’expliquer d’une autre façon dans le livre ‘De Sai au Soi’. Puis j’ai téléphoné à Maurice à ma tante et elle me dit que les gens lui disent : « il n’est pas en Inde, il se cache dans un hôtel à Maurice. » Mais, je suis en Inde !! Elle me demande : « Mais comment on va faire croire aux gens que tu es en Inde ? » J’ai coupé le téléphone directement, je n’ai pas continué la conversation. Et le lendemain matin au Darshan, je suis en deuxième ligne. Au moment où Swami était près de moi, le caméraman de Baba prenait des photos. Il a immortalisé ce moment !! Après le darshan, il m’a donné plusieurs copies. J’ai envoyé une copie à Maurice. Et puis un jour, j’ai téléphoné à ma tante.

- « Vous avez reçu la photo ? »

- « Oui ! Tous les gens ont vu, maintenant ils savent que tu es en Inde. » 

 

Swami Ajay : « J’ai déjà expliqué qu’au tout début, j’avais vu Vishnu et Durga et d’autres formes en méditations. Ce qui s’est passé, c’est qu’à l’époque je faisais des méditations de 2h à 5h du matin. Une fois, Swami est venu en vision devant moi, dans ma méditation, alors que mes yeux étaient fermés. Puis j’ai vu sa tête disparaître subitement et de la fumée est apparue à sa place... Plusieurs bras sont sortis de son corps, avec le shank et le japamala. J’ai constaté qu’Il avait pris la forme de Vishnu ! Cinq secondes plus tard, la tête de Swami est revenue et c’est son corps qui a disparu. Il avait le troisième œil ouvert, la petite lune dans les cheveux et l’eau qui coulait à son sommet dans la forme de Ganga Mata… c’était la forme de Shiva. J’ai compris que Swami était un Avatar de Shiva à ce moment-là. La troisième fois, Swami est revenu. Cette fois, sa tête a disparu et le corps est resté, six bras sont apparus et Il a pris la forme de Durga…  c’est arrivé à beaucoup de personnes de voir Swami se métamorphoser en une autre forme : dans leurs rêves, en songe, en vision, en méditation… C’est pour nous expliquer qu’il contient toutes les formes en lui-même et que toutes les formes sont Un. »

LE SÉJOUR QUI VA CHANGER SA VIE À TOUT JAMAIS

Swami Ajay : « Sur-place, je ne peux pas consommer le repas parce que c’est cher ! Là-bas, il y a seulement le repas européen. Le repas indien, il n’y a pas, à Whitefield. Mais, c’est cher… 2 roupies, 3 roupies par repas. Ce n’est pas cher en soi. Mais moi, j’avais seulement quelques dollars. Alors, il faut bien réfléchir… « le matin, je ne mange pas. L’après-midi, je mange. Mais, si l’après-midi je mange, c’est difficile… parce que si le soir je commence à avoir faim, comment je vais faire ? Je ne vais pas dormir… alors, le matin et la journée, je ne vais pas manger du tout. Comme ça, je peux me promener. Et le soir je vais manger : comme ça je vais bien dormir. » voilà, de cette façon on économise de l’argent. Souvent, je pars pour laver la vaisselle. S’il reste du repas, la personne me donne à manger parce qu’elle sait. »

« Trois jours après le Darshan, le 21 septembre, il a manifesté l’argent pour moi, beaucoup de dollars en billets neufs et des roupies indiennes pour le matériel du Bhajan Hall ! à une heure du matin, quelqu’un vient dans la chambre. Ça, je ne vais pas donner la description en détails. La personne entre dans la chambre et il dit : « je suis Shiva. » Il est assis, il me dit : « voilà, ça c’est pour ton Bhajan Hall. Et ça, ouvre-le. »

J’ouvre : il y a plein de dollars. 01, 02, 03, 04… (Numérotés par ordre chronologique comme mentionné dans le livre « Pour l’amour de Dieu ») Il dit : « ça c’est de l’argent de l’Inde : il y a 25 000 Roupies. Et c’est pour toutes les photos que tu as réservées. Achète toutes les photos que tu as réservées, pour le Bhajan Hall, et ce que tu veux. Mais il ne faut pas dépenser les dollars ici. »

Il me laisse le paquet, il dit : « les billets n°1 à billet n°15, il faut changer dans le sud de l’île Maurice : dans cette banque. » et toutes les banques de Maurice sont écrites, c’est bien écrit où il faut changer quels billets sur une note. Et tout le temps, je garde une calculatrice dans mon sac. Je commence à compter… pleins de choses se passent dans la tête. « Alors, si le change du dollar à Maurice c’est 22 roupies, ça fait 800 000 roupies. Mais, si on attend un petit peu et que ça devient 23 roupies, ça devient 825 000 ! et si on attend encore un peu, avec 35, ça fait ça… et si on ne change pas à la banque mais qu’on change au noir, on peut avoir 40 pour 1 ! alors ça devient 2 millions, quand même !! »

Et pendant ce temps, à Maurice l’organisation Sai est en train de critiquer ma famille, tout ça. Mais j’ai reçu également des vêtements et des chaussures, pendant le darshan. Il m’a donné le modèle de vêtement qu’il faut coudre, de la Vibhuti… et le plan de ce Bhajan Hall. Et quand Swami m’a donné le modèle (patron) pour faire les vêtements et le parfum, tout ça, des personnes ont pris en photo. Et ces photos, je les ai aussi envoyées à Maurice ! J’ai acheté pour 20 000 roupies en Inde des choses pour le Bhajan Hall et les photos que j’avais réservé. 

Baba me dit : « Ne demande aucune participation, j’enverrai mes fidèles (Bhaktas) pour cela. Je prendrai soin de tout, ne t’inquiète pas. »

Pour en savoir plus, lire le livre « Pour l’Amour de Dieu », pages 173 à 180.

Cet événement précis se déroule le 13 octobre 1994.

« Le lendemain, pendant le darshan, j’ai demandé :

- « Interview, Swami ! »

- Il m’a répondu : « You don’t need interview, you need innerview, so don’t worry, I am with you.

Don’t ask for money to anyone, for your Bhajan Hall, I’ll send my devotees to help, don’t worry. »

(Tu n’as pas besoin d’interview, tu as besoin de vision intérieure / de remise en question : « innerview ».

Alors ne sois pas inquiet, je suis avec toi. Ne demande de l’argent à personne pour le Bhajan Hall, j’enverrai mes dévots pour aider, ne t’inquiète pas.)

Je peux dire que Baba prend n’importe quelle forme, il n’a pas été nécessaire que Swami vienne physiquement pour me donner l’argent.

Aussi, je n’ai pas été le seul à recevoir de l’argent. Les billets étaient en dollars, tous rangés par ordre numérique (01, 02, 03, 04, 05, 06, etc.) Avec l’argent, nous avons également reçu un document. Je ne pourrais jamais l’oublier et c’est pour ça que je suis toujours avec Swami aujourd’hui.  Cela montre que, même si Swami est à Puttaparthi, le monde lui appartient ! Ce document précisait aussi les numéros des billets qui devaient être changés, le nom et l’adresse de la banque mauricienne, ainsi que la date de la transaction (les billets de tel numéro à tel numéro, doivent être changés à telle date, dans telle banque, située dans telle ville et ainsi de suite).

Alors, j’ai changé cet argent dans plusieurs banques de l’île Maurice, en respectant toutes ces consignes. En monnaie mauricienne, la somme s’élevait à 800 000 Roupies de l’époque. J’ai toujours conservé à Maurice, 150 dollars sur la somme que j’ai reçue. Je ne les ai jamais dépensés. Nous étions sept personnes à recevoir de l’argent, de cette façon. Le dernier jour, une huitième personne est venue, c’était une fille. Le plus âgé d’entre nous était un Australien qui devait avoir environ quarante-cinq ans ; les autres avaient entre vingt-deux et vingt-cinq ans. Nous avons tous reçu une somme d’argent de la même valeur et en même temps. J’ai été le seul à recevoir 20 000 Roupies indiennes, en plus des dollars… Un petit mot était joint à ces roupies, qui mentionnait que je pouvais acheter toutes les photos que j’avais réservées à l’extérieur de l’Ashram. Avec cet argent, j’ai donc acheté toutes les photos qui sont aujourd’hui accrochées dans le Bhajan Hall. J’étais le plus grand acheteur de Whitefield ! Ils ne m’ont jamais oublié, jusqu’à aujourd’hui. Je continue à acheter encore beaucoup de photos, pas pour le Bhajan Hall mais pour les offrir aux gens. J’avais réservé une très grande photo de Swami qui coûtait 3 000 roupies, mais quand je suis allé la chercher, on m’a dit que Swami l’avait déjà prise. Cela voulait dire que Swami ne voulait pas que j’achète cette photo. Vingt ans plus tard, j’ai acheté cette photo à Puttaparthi, deux ou trois ans avant le départ de Swami. Vous pouvez voir cette photo dans la nouvelle salle à manger, située au-dessus du Bhajan Hall. »

TRANSFORMATION PROFONDE

Swami Ajay : « Et aussi, dans la chambre, il s’est passé tellement de chose pour une transformation. Swami, les rêves… sur comment matérialiser les objets, non pas comme une publicité mais pour la transformation des gens… pour bien utiliser cette énergie, d’une façon particulière… - à travers les rêves – Swami est venu en rêve et il m’a parlé.Il a dit que tout ce pouvoir que j’avais reçu, il fallait l’utiliser pour l’humanité. Pour faire le bien pour l’humanité. Pour réaliser et accomplir quelque chose de grand, pour l’humanité… mais jamais pour se montrer ou pour une démonstration de puissance, ni pour la notoriété et la célébrité, jamais pour gâcher cette énergie juste pour satisfaire les désirs des gens. Il y a une mission à accomplir. Nous avons un karma, là-dedans. Il faut utiliser cette énergie Divine, cette Shakti, pour accomplir toutes ces choses. Mais je ne vous explique tout ça que brièvement, parce qu’il s’est passé tellement de choses. Tant de petites choses qui sont arrivé, parce que j’étais là-bas pendant 45 jours. Donc chaque jour, quelque chose se passait. Tous les jours. Mais aujourd’hui, je suis ici uniquement grâce à toutes ces choses qui se sont passées à l’Ashram. Chaque jour, les enseignements de Swami… transformation, enseignements, transformation du mental… transformation de chaque action… pureté dans la respiration, pureté dans les pensées… tout a été effectué là-bas. Beaucoup de changements. Pas seulement le corps physique… mais aussi le Soi intérieur. Beaucoup de travail. »

LES PREMIERS YAGYAS - 1994

« En 1994, j'ai commencé le Yagya tout seul, parce que le système des castes à Maurice ne nous permettait pas de faire ce rituel. Les Mauriciens pensent que le Yagya appartient à une autre caste, parce qu'il vient de l'Inde.

 Le Sanathana Dharma correspond à ce que nous sommes en train de faire, c'est Sama Veda et Atharva Veda (chanter les Bhajans). Le Yagya, c'est Yajur Veda (la structure, le Yantra, le Mantra et le Tantra) et Rig Veda (la récitation des Vedas, des Mantras et des Maha Mantras). Si on renverse cette énergie, elle devient ‘tantrique’ : chez vous on l'appelle la magie noire. Aujourd'hui, c'est cette énergie qui se manifeste le plus dans le monde. Il est important d'arriver à remettre ces énergies en équilibre. Alors pour ça, j'ai commencé les Yagyas. J'ai commencé par faire un Sathya Sai Yagya d'un jour, chaque dimanche. À l'époque, le grand Bhajan Hall n'existait pas encore. Je faisais un Yagya chaque semaine, à une place fixe, même si personne ne venait. Je ne connaissais pas vraiment la récitation des prières védiques, mais j'ai commencé à les faire, sinon il aurait fallu payer un Prêtre à chaque fois. Je ne travaillais pas et je ne pouvais pas demander tout le temps de l'argent à ma famille. Ma famille me demandait pourquoi je faisais ces Yagyas, puisque personne ne venait. Je leur répondais que je ne le faisais pas pour les gens. Cette façon de faire n'existait pas à Maurice... Il fallait être fou pour agir comme ça.  Les gens ont toujours pensé que les rituels doivent se faire en présence d'autres personnes. Ils croient qu'il est impossible de les faire tout seul. Ils ne font pas les Bhajans s'il n'y a pas de groupe. Mais si vous êtes seul à la maison, n'allez-vous pas manger ? Vous mangerez tout seul quand vous aurez faim ! Et notre Mère divine, n'a-t-elle pas faim de notre énergie ? On la prive, sous prétexte que nous avons besoin d'un groupe pour Lui offrir notre Amour. Quand le père n'est pas à la maison, est-ce-que personne d’autre ne peut consoler son enfant qui pleure ?

La mère ne dit pas à son enfant : « Attend, tu peux continuer à pleurer. Nous te calmerons tous les deux, quand ton père sera rentré. » Dans la journée, la maman donne une caresse à son enfant toute seule, en plus de préparer la maison et tout ce qu’il y a à faire. À Maurice, quand le maître d'un groupe de Bhajans ne vient pas, les gens rentrent chez eux, sans faire les Bhajans. Pourtant, ils vont manger en arrivant chez eux, même s'ils sont tout seul. Leur conscience n'est pas en adéquation.

On ne leur a pas expliqué qu'ils doivent quand même faire leurs Bhajans parce qu'ils ont un rendez-vous avec Dieu. Si votre mari est trop occupé pour pouvoir vous conduire chez le médecin, vous prendrez le taxi et vous irez quand même à votre rendez-vous, parce que vous êtes gravement malade...  Alors, ils ont toujours pensé que le Yagya ne pouvait pas se faire si les gens ne venaient pas. Mais, je n'ai pas pensé ainsi. J'ai posé des briques, j'ai allumé le Feu, j'ai fait le Yagya à ma façon et j'ai commencé à réciter les Mantras. Je recommençais chaque dimanche. Au début, les gens ne venaient pas et puis, ils ont commencé à venir, parce qu'ils ont entendu parler des miracles. Après un an de pratique, j'ai commencé les grands Yagyas et j'ai fait venir des prêtres en 1995. »

RETOUR À MAURICE

LES VÊTEMENTS REÇUS PENDANT SON VOYAGE

Swami Ajay : « Beaucoup de choses se sont passées. Je continue à porter jusqu’à aujourd’hui les vêtements reçus en 1994… La taille est toujours bonne, mais ils ont tendance à s’élargir et je dois les faire resserrer. J’ai laissé une partie de mes tenues dans plusieurs pays : en France, à Londres et au Portugal. Parce qu’un jour, quand je vais venir, je n’aurai pas le temps de préparer mes vêtements ; je devrais partir très vite. Ces vêtements, je les ai reçus de notre Seigneur. Les deux fois où je suis allé à Puttaparthi, je ne portais plus le pantalon et la chemise mais le kurta... Maintenant, je sais que les vêtements donnés par Swami sont le modèle de ceux que je dois porter, les couleurs ne sont pas importantes mais je dois conserver la même coupe parce qu’il m’a donné le modèle, le patron, pendant le Darshan. Et puis, un matin, un Seva Dal m’a donné un paquet en me disant qu’il était pour moi... le papier gris enveloppait trois vêtements : un rouge, un orange et un jaune. Une note également déposé dans le sac précisait que je devais mettre la orange avant de rentrer à Maurice. Mais je n’ai pas écouté Swami... en arrivant à Bombay, je ne l’ai pas mise par crainte des critiques. J’ai eu des douleurs au corps, l’avion a eu un jour de retard et le lendemain, j’ai décidé d’obéir. Swami ne m’a jamais dit qu’il ne fallait pas mettre de pantalon mais si j’en porte un sur moi, des brûlures apparaissent et je suis obligé de le retirer immédiatement. Les habits donnés par Baba sont une protection et un rappel, car ce sont les vêtements de Swami. »

Il prend l’avion pour Maurice, mais une pensée étrange lui traverse l’esprit.

Swamiji : « Au retour, Je portais sur moi la robe et les chaussures données par Swami, pour rentrer à Maurice. Je n’ai eu aucun problème à l’aéroport. Mais pour prendre l’avion de Mumbai à Maurice, ça dure 5h et demi. Pendant ce voyage, je n’ai pas mangé, parce que j’ai pensé : « qu’est-ce que je vais faire avec cet argent ? » - « est-ce que c’est important de faire un Bhajan Hall ? Personne ne sait que j’ai eu cet argent… moi je préfère acheter un grand terrain ; je construis une maison, j’achète une jolie voiture… » Je suis en train de penser à ça. L’avion atterrit, je rentre dans l’aéroport, à l’intérieur… et quelqu’un me donne deux claques. Et ça a claqué vraiment fort. Je dis : « ça vient d’où ?! » – et il y avait un monsieur qui était à côté de moi, lui il a entendu ce son : « Swami vous a donné des claques. Vous avez pensé à quelque chose qui n’est pas bien ? » - Je n’ai rien dit. Les claques étaient vraiment choquantes... Et puis je suis rentré à Maurice… avec l’argent. Alors, très vite, j’ai commencé la construction du Bhajan Hall. En arrivant à la maison, j’ai montré l’argent pour le Bhajan Hall à Tatie, c’était des dollars, tout neufs, dont les numéros se suivaient. J’ai dit à Tatie : « Voilà, Baba a donné l’argent ! »

Auparavant, j’avais téléphoné à Roshan depuis Whitefield et je lui avais dit de réserver la terre, un peu plus haut que Schoenfeld Road. J’ai expliqué à Tatie que l’on allait acheter ce terrain, mais la famille s’y est opposée en disant : « Non, il ne faut pas. Les miracles sont arrivés ici, alors il faut construire le Bhajan Hall ici-même. »

 

La construction du nouveau Bhajan Hall commence alors à proximité de l’ancien, sur le terrain donné par sa famille à Rivière du Rempart, dans le nord-est de l’Île .

 

Swami Ajay : « Le fils de Tatie a fait don de ce terrain, on a demandé la permission à l’oncle et tous ont donné leur accord pour construire le Bhajan Hall ici. Sa construction a duré à peu près neuf mois. La construction du Bhajan Hall commença en mars 1995, par la cérémonie de pose de la première pierre. Et à chaque moment quand j’ai eu besoin d’argent, il y a toujours eu des personnes de l’extérieur pour nous aider sans qu’on ait à demander. Il y avait une dame qui s’appelait Elisabeth, une suisse. Elle m’a apporté beaucoup d’argent pour construire et pour terminer le Bhajan Hall. Ce n’était pas facile, pour construire le Bhajan Hall. Mais on y est arrivé. Et il y a une autre dame qui s’appelle Dominique, qui habitait à l’île de la Réunion : je suis déjà parti chez elle. Elle m’a aussi apporté de l’argent, à cette époque. Il n’y avait pas les euros, il y avait les francs : 15 000 francs, 20 000 francs pour terminer. Et puis, quand je suis parti à Puttaparthi, j’ai eu la date par Anil Kumar pour l’inauguration et en même temps, les français étaient là-bas. J’ai invité tous les français… et l’électricité du Bhajan Hall, la peinture, tout ça a été fait par les français. Jusqu’à aujourd’hui, même s’il y a quelque chose à faire, il y a toujours des français qui sont là. Et le Bhajan Hall a été terminé en neuf mois. C’est très grand, très bien fait avec toutes les statues qu’il faut… Les 800 000 Rs ont été utilisé pour la construction. Mais les fonds étaient insuffisants.

 

Même quand on était au Darshan à Whitefield, quand j’avais demandé une interview à Swami, j’ai dit :

- « Merci pour l’argent Swami !! Interview, Swami ? »

- Et Swami s’est retourné, il m’a dit : « pas besoin d’interview, tu as besoin de innerview » (plonger en toi-même, vision intérieure). « Et ne t’inquiètes pas… j’enverrai mes dévots pour t’aider. Mais ne demande jamais d’argent, à qui que ce soit. »

Donc j’ai tenu ma promesse, même jusqu’à maintenant. Et quand on a commencé le projet, des personnes nous ont laissé tomber. Ils sont partis. Mais aussi, à chaque étape du chemin, des étrangers d’îles voisines, de la Réunion, de l’Afrique du Sud, de Nouvelle Zélande, même de France… ils sont venus pour nous aider.

Financièrement, au niveau des meubles, du matériel de construction… et même la main d’œuvre. Ils ont tout fait pour nous. Tout le projet, le Bhajan Hall. Encore maintenant. De cette façon, nous avons réussi à accomplir la mission Divine de notre bien aimé Bhagawan, pour le B.H, la librairie, la pièce pour les Balvikas, la classe pour l’éducation et les programmes de valeurs humaines… et même les prières, prières de Shirdi, tout pour ce B.H. Nous l’avons inauguré le 20 avril 1996. Et même, nous avons eu de l’aide de dévots portugais : pour la peinture, préparer les activités… encore maintenant ! 

Mais quand on a commencé les travaux, tout s’est bien passé… au début. Bien sûr, Baba a pris soin de tout et le Hall a été construit par tous et pour tous. Dieu répond toujours à nos questions et nos doutes, mais pas forcément comme nous l’attendions. Ce n’est pas une question de manque de foi… Par exemple, je ne savais pas comment faire pour construire la toiture, car je n’avais pas assez d’argent. J’ai demandé de l’aide à Swami et Il m’a envoyé un Français de la Réunion qui avait toutes les compétences requises et qui m’a offert ses services. J’ai ainsi pu économiser le prix du menuisier. Baba n’a pas redonné d’argent directement pour ça, car il veut que nous fassions nous-mêmes un effort. L’argent n’arrive jamais en premier, il faut faire un effort, puis l’aide arrive. Dans votre cas, même si vous êtes obligés de prendre un emprunt pour pouvoir voyager par exemple, c’est Swami qui vous permet de le faire. »